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DANSE DES SABRES

A la vitesse du son
Volent les sabres du jeu froid
Cristallisant les poussières
Dans des ellipses d'arc-en-ciel
Arômes de vérité qui s'arabesquent
Dans des images toujours plus fluctuantes
Les rivières de l'émail prennent les saveurs
D'une touche de sensualité créative
Les mondes tremblent de plaisir
Sans qu'un seul cil ait prononcé un mot
  
Gilles Marie CHENOT
 Ecrivain ardennais contemporain
  
Enfant de Blagny, la quarantaine dépassée, Gilles-Marie a beaucoup "bourlingué", "roulé sa bosse". Son écriture, si elle captive, est loin d'être un un long fleuve tranquille... Pour aller à la rencontre de cet auteur, je vous invite à vous rendre sur son site : http://gmc.blogspirit.com/
PORTE D'ISHTAR

Porte d'Ishtar
Le soleil tue les sarments morts
Porte d'Ishtar
Une femme cambre les reins
D'un ancien jour

Bagdad est une ville solitaire
Quand les chars parcourent
Les rues de la poussière

Une aube d'acier liquide
Déverrouille les plastiques
Ensommeillées

Porte d'Ishtar
L'Arabe est une langue de feu
Dans les jardins suspendus

Porte d'Ishtar
Mémoire d'un alif de rêve
Pour les cristallines en fleurs
  
PARLOIR

Un monde cru parle en silence
Aux oreilles de la soie
Et son écho se réverbère
Dans les canyons endormis
Carillon d'éboulis ébloui
Dont le ricochet teinte allègrement
Sur de sérieux murs étourdis
Un violent vent de transparence
Dégourdit les muscles endoloris
Par les servitudes abrasives
Et les pimpances et ludosités
D'une rouillure d'agoraphilie
  
                             PRIERE

Au plus profond d'une nuit sans sommeil, j'ai fait l'amour avec un arc-en-ciel. Dans cette étreinte aux frémissements lumineux, les vagues harmonieuses nous ont emmenés au plus loin des jouissances sensorielles, évadant nos corps enlacés bien au-delà des barreaux grossiers des mythes et chimères, dissous pour l'occasion dans le charme torrentiel et tranquille d'un souffle dévergondé. Le nuancier de sa peau éthérée a teinté mon corps de toutes ses fragrances émerveillantes, dix millions de frissons immobiles ont parcouru les réseaux de l'ultraderme azuré et nos caresses de miel ont recréé l'aurore vibrante d'une liaison unitaire. Courtisane hédoniste de ses caprices, je laisse mes songes dans leur nid pour m'abandonner, lascive, humide et chaude, à sa douce poigne de lumière, délicieuses retrouvailles qui transportent au pays des saveurs mordorées cette palette de ressentis monochromes que je suis devenue sous sa plume étincelante d'oiseau de feu.
Caresse-moi encore dans les prières silencieuses de ta volupté, écartèle mes sens au gré de tes fantaisies sucrées, dévore-moi de cette gracieuse aura non signifiante, et que je m'évapore dans tes bras emplis de braises afin que ne cesse jamais ce bûcher velouté aux arômes délicats.