En vain la passion de mon âme démente
Me fait chercher ses pas.
En vain mon cœur amer soupire et se lamente
Elle ne parait pas.
Toujours elle demeure invisible et cruelle
Et sans voir mon émoi,
Ne se fait-elle pas plus coquette et plus belle
Près d’un autre que moi ?
Le ciel du beau pays qui lui sert de retraite
N’est-il ensoleillé ?
Et tel l’azur serein, son cœur est tout en fête
Et d’amour habillé !
Peut-être en ce moment, chante-t-elle et festoie
Dans de folles splendeurs
Et son honneur, bien sûr la convie à la joie,
Lorsque je suis en pleurs ?
Car il pleut dans ce val ; le vent fouette la feuille
Les cieux sont obscurcis.
Mais il pleut davantage en mon cœur qui s’endeuille
De féroces soucis.
Cependant comme un chien égaré sur la route,
Je flaire le chemin
Et résistant encore à l’emprise du doute
Je l’attendrai… demain.
Gaby Libert