Gaby Libert
Les Chiennes
[./page_15.html]
[./page_21.html]
[./page_49.html]
[./page_3.html]
[./page_15.html]
[./page_41_courte_epitre.html]
[./page_2.html]
[./page_46.html]
[./page_48.html]
[./page_51.html]
[./page_41_genealogie.html]
Bienvenue chez vous en Terre Ardennaise
LES CHIENNES
Ils pourraient demander : "Où donc sont nos ouvrages ? "Où sont les idéals que nous avions forgés ?" Ils n'entendraient monter vers eux que des outrages Et l'insulte atteindrait leurs fronts découragés. Car tous les noeuds sacrés des apres énergies, Tous les rêves issus dans les savants cerveaux, Vous les aviez brisés, ô Filles des orgies Et vos bras furibonds creusèrent leurs cerveaux. Et nous, fils malheureux de ces grands architectes, Nous fils des chevaliers de l'antique Progrès, Nous qui suons d'angoisse en vos meutes abjectes, Nous traînerons plus loin nos énormes regrets. Assez de notre sang tâcha ces édifices ! Nous voici relevés de l'immonde langueur Et, secouant le joug de nos vils sacrifices, Nous voulons nous vouer à l'ancienne vIgueur. Restez dans ce chenil : nous vous cédons la place ! Continuez sans peur votre destruction ! Les penseurs d'aujourd'hui que l'épouvante glace, Sortant de vos torpeurs, courront vers l'Action. Restez ! Restez toujours dans la mourrante ville ! Comblez de voluptés les lugubres valets Dont vos soins surent faire une horde servile Pendue à votre gorge en baissant vos mollets ! Distillez sans répit vos poisons, ô femelles! L'homme qui vous encense est fait de lâcheté : Quand il s'anéantit sur vos blanches mamelles, Le bandit vous fait don de toute volonté. A ces êtres piteux, Chiennes syphilitiques, Infusez le brasier qui vous perce les os ! Vous crèverez ensemble et fos fils rachitiques Danseront après vous la Valse du Chaos. ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Mes Frères, ô vous tous, dont la juste cervelle Rêve de reconstruire un éclatant passé, Vous tous qui bondissez, pleins d'une ardeur nouvelle, Sur les noeuds étrangleurs du servage insensé, Vous qui, sourds aux appels de la foule des traitres, Voulez poursuivre encore, au fond de l'avenir, Le gigantesque effort de vos vaillants ancêtres, Et vous que le sarcasme est, seul, venu bénir. Ecoutez-moi : Portez dans ces îles superbes Que baignent le soleil et les flots irisés, Dans ces pays perdus, verts de ronces et d'herbes, Mais ignorant les lois des vieux Civilisés, Portez aux archipels inconnus, aux rivages Libres et balayés d'un soufle boréal Ou dans l'immensité des saharas sauvages, Vos espoirs réunis dans un vaste Idéal. Partons, ô mes Amis : au creux des forêts vierges. La science égarée appelle à son secours. Volons ! Et que nos mains fassent luire les cierges Qui guideront sa marche en avant et toujours ! GABY-LIBERT Juillet 1928

Ce long poème de Gaby-Libert: "Les Chiennes" (Juillet 1928) a été édité chez F. de Launay, 78 rue Taitbout PARIS IXè - 1928 Imprimerie Centrale (Albert MARC) 50 quai Jemmapes, Paris. Le poème est conservé à la BNF (Bibliothèque Sainte Geneviève à Paris).
[./pages/summer_index.html]
Voilà sous les rayons du soleil qui rutile Les ventres exhalant des sueurs de crapauds Et l'air turbulent boit la bave volatile Que laissent transpirer leurs légers oripaux ! Voici les corps hideux, les charognes putrides Qui couvrent d'un long deuil les boulevards dorés ! Voilà le flot, crachant des puanteurs fétides, ont l'horreur assombrit les azurs colorés ! Les Chiennes ! Les voilà !... O formes déhanchées, Seins tordus et flétrits, prunelles sans regards, Eczémas du visage et lèvres arrachées Que ne peuvent voiler les doloris des fards ! Fouillis de tristes chairs dont le venin fermente ! Vases d'écoeurement où ne bout que le mal ! Femmes, Eves d'enfer, dont la raison démente N'a plus pour conducteur l'instinct de l'animal ! Créatures sans nom ! Chiennes, chiennes farouches ! Que cherchez-vous au creux de l'ardente cité ? Quelle ivresse faut-il à vos milliers de boches, A vos gueules de feu suintant l'avidité ? Quelle aumône faut-il à vos mains suppliantes ? Quelle fièvre s'étale en vos traits cramoisis ? Quelles pitiés, quelles pitiés humiliantes, Réclame le concert de vos larynx moisis ? Que faut-il à vos soifs incurables ? Sous le simoun rageur qui déssèche vos peaux, Que cherchez-vous ainsi, quêteuses misérables ? Que cherchez-vous ainsi sans trêve ni repos ? Aller porter ailleurs vos entrailles qui fument ! Allez, nous sommes las de vos accouplements ! Dégagez l'horizon radieux où s'allument Les larges bleuités de nos clairs firmaments ! Nous sommes las de tout ce dont vous êtes fières : De vos cheveux tordus, de vos visages laids, De vos flancs, de vos reins, de vos colliers de pierres Qui jettent dans nos nuits de sinistres reflets ! Nous sommes las, vous dis-je. O Femmes abhorrées, Ralliez vos troupeaux et fuyez loin de nous ! Menez vers d'autres lieux et vers d'autres contrées Vos sens dénaturés et vos délires fous ! Partez, partez bien vite et, sifflant sur vos traces, Le vent boira les fiels que vous aurez laissés. A vous, flux d'hystérie, à vous sordides races, Le poète, debout et vengeur, crie : Assez ! Mais non ! Vous avez fait de Paris votre temple. Votre royaume infect, votre lit, votre égout, Et vous riez quand ce rêveur qui vous contemple Pleure et clame ici-bas son immortel dégoût. Et vous êtes chez vous ! Ce palais, ces théâtres, Ces squares, ces jardins, ces ponts et ces parvis, Tous ces joyaux, bâtis par les Opiniâtres, Pour votre vil plaisir vous les avez ravis ! Ah ! si - spectres hagards - les pionniers sublimes, Les constructeurs d'hier, par la mort embrassés, Remontaient brusquement des macabres abîmes Jusqu'en ces murs tremblants qu'ils nous avaient dressésn Si s'accoudant, l'esprit envahi de tristesse, Sur le haut parapet de la Tour-de-métaal, Ils voyaient cette mer de a scélératesse Rugir au-dessous d'eux comme un remous fatal.
[./page_30.html]
[./pages/summer_index.html]
[Web Creator] [LMSOFT]