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Nous habitions à Carignan.
Parfois je Nvenais à Williers avec la voiture du Boucher Blaise jusqu'à Williers. mettait au bus qui me
déposait au Paquis de Frappant, et je continuais toute seule, à pieds. Ma grand'mère m'attendait à mi-route, à la Croix. Je devais avoir 7 oou 8 ans. Petite et seule, je faisais environ 600 mètres pour la rejoindre. Pour rejoindre Williers, du Christ au début du pays, nous devions parcourir à peu près la même distance.
Sur la gauche,un peu avant le village, il y avait le cimetière en terre. Le nom de Georges Louis, mort pour la France en 1917 doit, je pense, y être toujours inscrit au monument... A l’entrée de Williers., je revois la route qui menait à la scierie menuiserie et aussi à l'épicerie, et le chemin qui longeait la route principale, partant de derrière des maisons dont celle de ma grand'mère. Je l'empruntais souvent.
Je jouais avec Hélène Jamart et sa soeur Paulette, et aussi avec Aline Habran... A l'angle, je revois la maison de Marie de la Mélie, puis la maison de grand'mère, une ou deux granges, la maison de la famille Warcet à côté de chez Aline. Un peu plus loin, le café Rondache. Je me souviens aussi d'Urbain Colin.
Dans l'adorable petite église, du haut de mes 7/8 ans, on chantait..."Prend ma couronne je te la donne Dieu nous fera signe un jour". J'ai connu le cimetière autour de l'église où a été enterré mon grand'père en 1914, Ernest Louis. Sur la route de l'église, il y avait l'école et la mairie (je suis allée un peu à l'école de Williers, puis aux Deux-Villes). En face, le café d'Odette et plusieurs petites maisons, puis la maison de Joséphine Libert... C'était la vie des simples de ce petit pays. On allait chercher l'eau munis de sceaux, les hommes faisaient de la culture, chassaient les allouettes. Avec grand'mère, sa hotte sur le dos, nous allions aux brindilles sur la route de Mogues et de Florenville.
Enfant que j'étais, je trouvais que ce pays avait une âme, avec ses petites collines vertes, ses fleurettes, ses grands sous-bois tout noirs en pente derrière l'église (es douaniers s'y trouvaient parfois), qui nous amenaient vers la scierie, et l'épicerie tenue par Mme Lahaye où l'on achetait du pétrole et des allumettes... De mes souvenirs encore, mes petites descentes dans l'herbe, quand seule, me couchant dans le haut je me laissais rouler jusqu'en bas. Et dans les bois de Florenville et de Williers, seule avec grand'mère, je criais et l'écho me répondait... Bons souvenirs... A l'école, j'étais la plus jeune.Quand il y avait un mariage, les mariés venaient frapper aux portes des maisons en chantant "Quand la mariée aura soupé elle n'aura qu'à recommencer...". Les habitants ouvraient alors la porte et leur donnaient une petite obole."